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Architecte et Urbaniste de l'Etat
Docteur en aménagement, en urbanisme et en études urbaines
Chercheure

Mes publications

Ouvrages

 

DE MEYERE, A., POULAIN, F, La reconstruction dans l'Oise, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, décembre 2010 (à paraître), 350p.

POULAIN, F, Les Ateliers d'urbanisme Associatifs, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, juillet 2010, 229p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F. Le Millefeuille de l'Oise, Éditions de la direction départementale des Territoires de l'Oise, octobre 2010, 160p.

DE MEYERE, A., POULAIN, F, Manuel des Territoires de l'Oise, ou comment territorialiser le Grenelle de l'Environnement, Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, janvier 2010, 500p.

POULAIN, F, Le camping aujourd'hui en France, entre loisir et précarité, Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, septembre 2009, 172p.

POULAIN, F., POULAIN, E.,  L'Esprit du camping, Cheminements, 2005 , Éditions Cheminements, octobre 2005, 312p.

POULAIN, F.,  Le guide du camping-caravaning sur parcelles privées, Cheminements, 2005 (disponible sur le site de cheminements) , Éditions Cheminements, juin 2005, 128p.

COSSET, F., POULAIN, F., Ma cabane en Normandie, CRéCET, 2002 , Chalets, petites maisons et mobile homes du bord de mer, Coll. Les carnets d’ici, Centre Régional de Culture Ethnologique et Technique de Basse Normandie, 2002, 64p. ISBN 2-9508601-7-6 (br.)

 

Ouvrages collectifs

BOISSONADE, J., GUEVEL, S. POULAIN, F. (sous la dir.), Ville visible, ville invisible, Éditions l'Harmattan, 2009, 185p.

DE MEYERE, A. (sous la dir.), 2009, l'aménagement durable des territoires de l'Oise, Éditions de la direction départementale de l'Equipement et de l'Agriculture de l'Oise, 2009, 184p.

DE MEYERE, A. (sous la dir.), L'Oise, territoire 2008, Éditions de la direction départementale de l'Equipement de l'Oise, 2008, 127p.

 

Articles parus dans Études Foncières (2000-2009),Le Moniteur (2005), Espaces, Tourisme et Loisirs (2005- ), Les Cahiers de la Recherche Architecturale et Urbaine (2004), Territoires (2004), Le Caravanier, camping-caravaning (2004), Cahiers Espaces (2001-2003), Labyrinthe (2001), Urbanisme (2000).

 

Actes de colloques parus dans Changement climatique et prévention des risques sur le littoral, MEDAD (2007)  « Camper au XXIe siècle, ou le paradoxe du mouvement arrêté »  (2007) Identités en errance. Multi-identité, territoire impermanent et être social, BOUDREAULT, P-W, JEFFREY, D., (sous la dir.), Petites machines à habiter, Catalogue de l’exposition du concours « Home sweet mobile home ou l’habitat léger de loisirs », Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement de la Sarthe, (2004), « Le camping-caravaning sur parcelles privées, étude des effets réels d’une réduction des droits d’usage attachés au droit de propriété ».Droits de propriété, économie et environnement : le littoral, IVème conférence internationale (2004), FALQUE, M. et LAMOTTE, H., (sous la dir.).

 

 

Mercredi 4 janvier 3 04 /01 /Jan 21:51

Pour ceux et celles qui veulent aller plus loin concernant les multiples facettes des abris de loisirs, voici un ouvrage comportant de nombreux articles de chercheurs sur le sujet publié aux éditions des Presses Universitaires de Paris Ouest sous la direction de Gilles Raveneau et Olivier Sirost et bien sûr, je vous conseille de lire mon écrit "Entre camping et campement, visible et invisible, deux vies pour l'habitat de plein air" pp. 255-267

 

9782840160793.jpgTentes, caravanes, mobil homes, cabanes, cabanons, kiosques, chalets, cabines… les abris convertis ou créés à des fins ludiques sont une réalité bien ancrée dans nos vies. A un tel point que ces objets d’une architecture pensée comme temporaire, provisoire, voire précaire dépassent les frontières de la culture occidentale et traversent les âges. D’un point de vue anthropologique, l’abri de loisirs dévoile un habitus manuel inscrit au plus profond de nous. Il est bricolé, jardiné, techniquement agi et agissant. Sur le plan historique, ces objets divers rejouent le passage du nécessaire à l’accessoire, du sérieux au futile, dans une société des loisirs où la chasse, la pêche, la cueillette et plus largement toute une gamme d’exercices physiques sont devenus accessoires. Depuis la fin du 18e siècle, ils n’ont cessé de se multiplier dans un ensemble de dispositifs pensés pour contrôler les masses, mais aussi dans des contextes de ruse avec les logiques de l’habitat. Cet héritage déjà long rejoue aujourd’hui les manières de penser la société. Les abris s’adressent à différents âges de la vie, ils semblent avoir un sexe et se métamorphoser selon la condition sociale de son occupant. Dans cette rencontre entre formes d’habitats et loisirs se dessinent de multiples prises sur le monde, croisant destins individuels et collectifs, rejouant la fragile réversibilité de la nature et de la culture.

Par France Poulain
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Mercredi 4 janvier 3 04 /01 /Jan 21:28

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Voici en intégralité et découpé par chapitre pour plus de facilité de lecture, un ouvrage que j'ai écrit en 2010 sur le phénomène du camping en France, entre camping et précarité.

 

 

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Avec plus d'un million et demi de véhicules de loisirs vendus depuis la seconde guerre mondiale, le secteur du camping est toujours sur une courbe ascendante. Le succès de cette pratique, qui permet aux citadins d'accéder à des activités de plein air, est particulièrement français. En effet, nulle part ailleurs en Europe ou dans le monde, le camping n'a autant, et continue toujours, à refléter les évolutions de la société. Ainsi, la compréhension de ce phénomène social fournit des clés pour appréhender le fonctionnement de la société dans son ensemble.

Ce miroir sociétal possède aujourd'hui deux visages.

Le premier est celui du loisir, créant des espaces permettant au plus grand nombre de prendre des vacances à petits prix, de dépasser les différences sociales et, de manière inattendue, de rechercher hors les murs la promiscuité rejetée en ville. L'étude du siècle dernier est possible grâce au camping car toutes les innovations, toutes les évolutions sociales ont trouvé leur place dans cette pratique. Cela la rend encore bien plus importante que ne pourrait le laisser croire son statut de premier mode d'hébergement pour les vacances des Français.

Le mythe du camping est né dans les années 1920, s'est renforcé avant-guerre et s'est pleinement concrétisé grâce à la motorisation accrue des ménages après 1950 qui a permis de partir plus souvent en vacances. Quelles sont aujourd'hui les formes de cette pratique de loisir en perpétuel renouvellement ? Comment les campeurs ont-ils fait évoluer leurs habitats ? Quels impacts sur le territoire sont en passe d'être générés ?

 

Le second est celui de la précarité, lorsque les petits habitats de loisirs deviennent des lieux de vie à l'année.

Caravanes, mobile homes et camping-cars servent alors parfois d'habitat pour tous ceux et toutes celles qui, en situation de précarité, n'arrivent pas à trouver un logement classique. Et le camping disparaît alors, puisqu'il est intrinsèquement lié à la question du loisir. Surgit alors une nouvelle pratique sans nom, sans recensement et sans reconnaissance. Cette progression de la précarité qui trouve un réceptacle dans et hors des terrains de camping alerte sur l'apparition de phénomènes liés à la pression foncière et immobilière actuelle. Est-il possible de faire perdurer la vocation touristique du camping tout en hébergeant les personnes qui ne sont pas là pour les loisirs ?

 

Pour répondre à ces questions, cet ouvrage se propose de parcourir la diversité des usages liés aux habitats de plein air -tentes, caravanes, mobile homes ou camping-cars- et des lieux qu'ils occupent plus ou moins temporairement en empruntant le chemin allant du plus mobile et luxueux au plus sédentaire et nomade.

Par France Poulain
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Mercredi 4 janvier 3 04 /01 /Jan 21:27

 

11Toute pratique sociale correspond à un certain reflet de son époque. Cela est d'autant plus véridique lorsque cette pratique n'a pas d'utilité économique immédiate et qu'elle évolue en fonction des besoins de ses usagers. C'est le cas du camping en France.

La pratique du camping en France a un peu plus de cent ans et, si les premiers campeurs ne sont plus parmi nous, il est encore possible de discuter avec certains qui les ont connus ou qui ont commencé le camping dans les années 1930. Cette possibilité de retracer une pratique sociale de masse est relativement rare et en cela très intéressante.

En France, les premiers écrits sur le camping remontent à 1898 lorsque Lucien Baudry de Saunier fait paraître dans la revue du Touring Club de France un article rapportant l'usage par les aristocrates anglais de roulottes en bois tirées par des chevaux ou par les premières voitures pour parcourir leurs immenses propriétés. Notons au passage que les débuts de la caravane ne proviennent pas des tziganes qui, pour leur part, utilisaient des chariots bâchés, mais qui ne furent pas longs à utiliser également la caravane plus pratique et plus confortable.

La pratique du camping à pied avec simplement un simple drap ou une ancienne tente militaire est hégémonique entre 1900 et 1914. Durant cette période, ce sont des hommes seuls qui partent à pied dans la campagne, la forêt ou la montage pour retrouver la nature. Ces individus appartiennent plutôt à des catégories socio-professionnelles élevées et cherchent à se libérer des scories urbaines pour se ressourcer dans la nature. Nous sommes encore bien loin d'une pratique de masse. En 1910, tous les modes d'habitats -qu'il s'agisse de la caravane, de l'auto-caravane, de la tente ou du mobile home- existent déjà, bien que parfois en nombre très réduit et sous des formes très particulières.

Durant la première guerre mondiale, le camping poursuit lentement sa croissance mais deux pensées vont se rejoindre à la fin de la guerre. La première est celle qui n'admet pas que les jeunes hommes français ne se préparent pas mieux au prochain conflit. En effet, les officiers sont quasiment certains qu'une autre guerre est en germe et sont convaincus qu'il faut former des jeunes hommes aux esprits sains dans des corps sains. Elle rejoint une seconde pensée liée à l'arrivée en France des principes du scoutisme développé notamment par Lord Baden Powell. La volonté est alors présente d'occuper et de former les jeunes et se concrétise, car la méthode et les outils sont à disposition.

Cela donne lieu à la création de multiples groupes de jeunes garçons au début des années 1920, encadrés par des hommes d'expérience, parfois des anciens militaires. La discipline est stricte et la vie spartiate dans ces camps de loisirs. Et même si les camps -ou les marches d'ailleurs- ne durent que quelques semaines l'été, la préparation fait l'objet d'une attention permanente tout au long de l'année. Les jeunes apprennent à se servir des cartes, des boussoles, à faire un paquetage et pour les Franciliens, s'entraînent également parfois le week-end en forêt de Fontainebleau. Ils utilisent aussi progressivement toutes les améliorations de la vie quotidienne comme les conserves, les petits réchauds au gaz ou les couverts en aluminium.

D'une manière assez extraordinaire, si le camping est un miroir pour la société, ce n'est pas uniquement en terme d'évolution sociale mais également en terme de plasticité et de réceptivité par rapport aux évolutions technologiques. Toutes les améliorations sont immédiatement reprises par les campeurs, souvent très intéressés par des matériaux plus légers, plus solides ou plus facilement transportables.

Tous ces jeunes garçons grandissent et, au cours des années 1920, ont progressivement des petites amies qu'ils aimeraient bien amener avec eux en vacances et en camping. Cela provoque chez certains chefs de groupe un certain rejet et par exemple pour Jean Loiseau, il est possible qu'un des ses lieutenants emmène son amie mais il n'est pas question d'avoir plus d'une femme par groupe. En effet, si cela peut aider pour faire la cuisine, plus d'une femme désorganiserait l'ordre établi. Cette pensée fonctionne dans certains groupes et moins dans d'autres, surtout lorsque les jeunes gens partent simplement à deux ou à quelques couples en se passant d'un chef pour savoir quoi faire. La pratique est en marche.

à cette époque, aucune réglementation ne vient structurer cette occupation du sol. La seule pensée régulièrement écrite dans les ouvrages ou les manuels de camping vise à respecter la propriété d'autrui. Il est dit ainsi que, si le soir en arrivant dans une pâture, vous voyez le propriétaire, il faut aller lui demander l'autorisation, mais que si vous ne voyez personne, vous pouvez vous installer sans difficulté ; il est néanmoins tout le temps indiqué que le campeur doit laisser le terrain aussi propre qu'il l'a trouvé et qu'il doit enterrer tous ses déchets.

Dans un même temps, les organisations, comme le Touring Club de France, se structurent également pour offrir des lieux de séjour pour les campeurs. Cela se résume au départ par des livres regroupant, avec force explications et cartes, les lieux où les campeurs seront bien accueillis. Puis, les organisations achètent et réalisent des aires de repos comme c'est le cas du Groupement des Campeurs Universitaires. C'est ce qui explique en partie la réussite et le déferlement de l'an I du bonheur, l'année 1936, avec les congés payés. En effet, si les personnes trouvent et accèdent de manière aisée aux vacances, c'est bien parce que des organisations l'avaient déjà un peu planifié ou du moins qu'ils disposaient de compétences leur permettant de proposer une offre de transport ou de séjour.

Et dans un même temps, nos jeunes couples, si désireux de partir ensemble en congés, ont des enfants. Ils ne partent plus alors tout à fait de la même manière car, même si les enfants peuvent s'adapter à de nombreuses situations, il est quand même plus agréable de pouvoir dormir au sec. Le camping avec les petits ne commencera guère qu'après la seconde guerre mondiale.

En 1939, la pratique interpelle le pouvoir en place et un Code du camping est écrit au même titre qu'il existe un Code de la route. Cela démontre bien que la puissance publique prend la mesure du phénomène et qu'elle veut lui attacher un certain nombre de règles. Néanmoins, ce texte ne sera jamais présenté à l'Assemblée Nationale à cause des débuts de la guerre.

La période de la seconde guerre mondiale est, si l'on ne s'intéresse qu'au camping, soumise à deux états d'esprit réellement opposés. D'un côté, il faut noter que la Fédération Française de Camping-Caravaning est créée en 1942 comme tant d'autres organisations ou ordres et que les revues de camping font apparaître des groupes de jeunes partant gaiement dans la campagne ou sur les routes. Des images, qui lorsque l'on regarde un peu ce qui se passe en même temps, font plutôt penser à une certaine forme de propagande visant toujours à ce que les jeunes gens -féminins et masculins cette fois- soient bien éduqués. De l'autre côté, mais d'une manière complètement invisible, certains ouvrages -écrits après la fin de la guerre- indiquent que le fait de prendre son paquetage pour aller faire du camping est un moyen pour sortir, par exemple de Paris, durant l'occupation. Les hommes et les femmes partent uniquement avec leurs sacs à dos et leur matériel de camping pour le week-end et vont en fait rejoindre, pour certains, la résistance. Deux visages qu'il est, toujours aujourd'hui, très compliqué d'analyser tant les documents d'époque sont peu nombreux.

Les années de l'après-guerre sont encore très difficiles car, par exemple, les tickets de rationnement seront en vigueur jusqu'en 1949 environ.

Ce n'est alors qu'après le début des années 1950 et l'entrée dans la période dite des Trente Glorieuses que le camping va entrer dans sa phase dite « de pratique de masse ».

à partir de 1950, les campeurs partent en famille et utilisent de plus en plus de grandes tentes quasi intransportables par train ou par vélo. Seule reste la voiture qui se démocratise largement. Les routes de France sont alors submergées de véhicules transportant des campeurs jusqu'à leur destination qui, pour beaucoup, est liée soit à un retour en famille, mais plus largement à un aller vers les plages françaises. Les chiffres commencent alors leur incroyable progression puisque le camping gagnera plus de 1,5 million de pratiquants tous les dix ans en France.

En terme de pratique sociale, ce sont des chiffres qui démontrent l'adéquation quasi parfaite entre un besoin et une offre. La société française de plus en plus urbaine a trouvé comme exécutoire un alter ego naturel dans le camping. Cela ne s'est pas passé de la même manière pour tous les autres pays post-industrialisés, même si les pays du nord de l'Europe ou de l'Amérique du nord également laissent une large place au camping dans leur offre d'hébergement pour les vacances.

Dans les années 1960, les terrains de camping existants se trouvent impuissants pour absorber cette masse de campeurs. Les espaces proches du littoral sont pris d'assaut et de nombreux arrêtés préfectoraux sont édictés pour limiter cette pratique pour des questions de salubrité et de sécurité publique. Ces deux aspects sont à garder en mémoire tant ils fondent encore aujourd'hui en France toute la conception de l'intervention de l'état au niveau de cette pratique de loisir. Car, en France, les habitats de plein air sont exclusivement pensés comme des habitats de loisir.

En 1959, le premier décret sur le camping paraît le 7 février, soit plus de 60 ans après la première manifestation du camping en France. L'article Ierindique que le camping est « considéré comme une activité d'intérêt général et est librement pratiqué, dans les conditions fixées par le présent décret, avec l'accord de celui qui a la jouissance du sol, sous réserve, le cas échéant, de l'opposition du propriétaire ». Il est intéressant de noter à ce propos que la réglementation de la pratique du camping en France, sous réserve des questions liées à la salubrité et à la sécurité publique, est relativement peu modifiée puisque ce ne sont que tous les vingt ans environ qu'un nouveau texte apparaît tout en confirmant les précédents.

En fait, depuis sa création, le camping réussit à faire en sorte que la réglementation ne soit pas un frein à son développement mais l'accompagne avec bienveillance, de telle sorte qu'il est rare d'assister à des manifestations ou à des revendications de campeurs ou de gestionnaires de terrains de camping exigeant des évolutions réglementaires ou demandant l'assistance des pouvoirs publics, à la différence de bien d'autres groupes sociaux.

Car, plus encore que d'être un miroir pour la société, le camping est également une pratique invisible.

Mais revenons au décret de 1959 qui permet de réguler un peu les choses et de lancer la politique de résorption du camping sauvage, notamment sur les côtes. Ainsi, dans le Var, ce sont plus de 600.000 campeurs qui s'installent n'importe où pour profiter des plages avec les problèmes d'approvisionnement en eau, d'incendie potentiel mais également de salubrité que l'on peut imaginer. La politique de résorption du camping sauvage va avoir de très bons résultats, notamment parce que les campeurs, n'étant pas propriétaires des espaces qu'ils occupent et étant mobiles ne peuvent pas réellement résister à une expulsion. Certains se rendent alors dans les terrains de camping qui commencent à se multiplier mais la plupart achète une parcelle privée à proximité de l'endroit où ils se trouvaient précédemment. C'est à ce moment précis que se crée la pratique du camping-caravaning sur parcelles privées.

La fin des années 1970 voit l'apparition de deux phénomènes. Le premier est lié au développement des terrains de camping. Dans la plupart des cas, le gérant se lance dans l'aventure pour proposer un terrain d'accueil dont il est le patriarche. Il gère son espace et ses clients comme des extensions de lui-même et est assimilable à un maire et à un shérif. C'est lui qui fait la loi dans son terrain et cela donne une ambiance agréable car les règles de vie en commun sont énoncées et respectées. C'est souvent ce qui a donné lieu à ce que beaucoup exposent, à savoir, que les barrières sociales « tombent » en camping. En fait, elles existent toujours mais le gérant génère de nouvelles règles qu'il impose à tous sans distinction. Cette connexion entre le gérant et son terrain est à retenir car on assiste aujourd'hui à une multiplication des chaînes de camping où le gérant n'est plus le propriétaire.

Le second est lié au commencement du lent désintérêt pour la caravane, qui néanmoins aura été vendue à plus d'un million d'exemplaires au cours de la seconde moitié du 20ème siècle. D'un côté, certains choisissent alors le camping-car pour son caractère nomade et de l'autre, certains se tournent vers le mobile home pour son caractère sédentaire.

Les années 1980 et 1990 voient la progression continue du camping avec quelques velléités de modifications réglementaires mais qui ne conduisent pas réellement à des évolutions en terme de pratique.

La segmentation est à ce moment clairement définie et celle-ci constitue le fil directeur de cet ouvrage avec le camping-carisme, le camping-caravaning sur parcelles privées, les terrains de camping à usage de loisirs, ceux qui accueillent des personnes en situation précaire, les parcelles privées qui recueillent ceux qui n'ont pas réussi à trouver de place dans les terrains de camping classiques, le retour des bidonvilles et les friches occupées par les caravanes d'artistes. Nous verrons pour finir deux visions prospectivistes.

Par France Poulain
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Mercredi 4 janvier 3 04 /01 /Jan 21:26

 

24Au début des années 1910, les premiers camping-cars en France sont le fait de constructeurs indépendants qui désirent pouvoir partir sur les routes pendant leurs week-ends ou leurs vacances, s'arrêter là où ils le souhaitent et bénéficier d'un confort un peu plus important que le simple matériel de camping disponible à cette époque.

En 1920, les premiers inventeurs de l'auto-caravane font subir des modifications à leur voiture pour qu'elle devienne au gré des arrêts une cantine améliorée souvent par des évolutions apportées à la partie « coffre » du véhicule. Certains continuent à utiliser la tente qu'ils déploient à proximité de leur voiture mais, pour d'autres, le confort va jusqu'à transformer l'intérieur de la voiture et à ajouter autant d'éléments supplémentaires deci, delà pour emporter de plus en plus d'objets.

Cette recherche permanente d'améliorations va conduire certains inventeurs à ne conserver de la voiture ou du camion que le châssis, le moteur et une partie de la caisse. Pour le reste, tout est modifié avant de devenir une véritable maison sur roues. Les modèles sont généralement uniques et certains parcourent les routes de France, comme ceux de Charles Louvet qui montre son modèle « Carling-home » de plusieurs tonnes aux vacanciers pour qu'ils lui en commandent d'autres. Chaque modèle coûte quasiment le prix d'une maison de l'époque.

Tous les premiers camping-caristes ne restent pas uniquement sur les routes de France car ils peuvent, grâce à leur véhicule amélioré, aller découvrir les pays qu'ils souhaitent, notamment parce qu'ils n'ont plus à se soucier de l'état de propreté, de salubrité ou tout simplement de l'existence d'hôtels et de restaurants.

Cela a pour effet d'ouvrir les frontières à une période où les campeurs sont regardés d'un oeil le plus souvent bienveillant et très surpris par les populations locales qu'ils rencontrent. Les camping-caristes partent en rêvant d'ailleurs alors vers l'Asie ou l'Afrique. Ces couples ou familles sont relativement rares mais, comme encore aujourd'hui, narrent leurs aventures dans des romans ou des récits afin de faire connaître ce qu'ils ont vécu. Il est notable que cette facilité de réaliser de grands trajets n'existe plus que difficilement aujourd'hui. Par exemple, la traversée de l'Afrique en solitaire n'est guère envisageable du fait des problèmes de guérillas locales.

 

 

Cette première utilisation d'engins peu préfabriqués dure relativement longtemps puisqu'il faut attendre les années 1970 pour voir émerger des constructeurs professionnels capables de proposer aux ménages français des gammes élargies. Mais ce n'est pas pour autant que la déferlante du camping-car apparaît. Certes, la demande et l'offre existent, mais concernent les couples qui font le choix de n'avoir qu'un camping-car comme moyen de mobilité -donc plutôt réservé à ceux qui partent plusieurs années dans des périples lointains- ou ceux qui disposent de suffisamment de moyens financiers pour acheter une voiture et un camping-car. Ces deux catégories ne suffisent pas à générer un développement massif et à faire baisser le coût des modèles.

La mobilité avec confort a un coût important et est réellement à séparer de la mobilité des campeurs qui partent uniquement avec un vélo et leur tente sur le porte-bagage.

à partir des années 1980, le camping-car commence sa lente démocratisation, notamment grâce à la possibilité offerte à un certain nombre de vacanciers de louer des camping-cars pour des séjours plutôt que d'avoir à les acheter. Ceux-ci deviennent alors une figure de plus en plus familière sur les routes de France et la familiarité engendrant la banalisation, les français désireux de vacances singulières et différentes se tournent vers cette forme de camping.

à cette époque, faire du camping-car n'est pas encore forcément très écologique puisqu'il est nécessaire de vidanger les eaux de vaisselle et de douche sur le bas-côté des routes en tirant une languette située sur le flanc du véhicule tout en se reculant rapidement et de vider la « cassette » des WC généralement, et lorsque cela est possible, dans d'autres toilettes. C'est d'autant plus vrai dans les pays moins modernes que la France, où il est rare de trouver des installations faites pour les véhicules de loisirs.

De plus, rares sont les camping-caristes qui se rendent le soir dans les terrains de camping pour y séjourner car cela a pour effet d'augmenter le coût de vacances pour lesquelles l'investissement initial est déjà fort important. Dès lors, c'est la nature qui reçoit alors généreusement tout les déchets produits par les camping-caristes. Et le nombre de camping-cars sur les routes et au bord des routes augmente, ce qui a pour effet d'accroître la pollution résiduelle.

La colonisation des espaces les plus recherchés devient alors une réalité. C'est à ce moment qu'un basculement se produit concernant ce que peut représenter le camping-car dans l'imaginaire collectif. D'un habitat réservé aux plus aventureux d'entre nous et donc relativement peu nombreux et qui faisaient l'objet d'une certaine admiration, le camping-car devient un moyen de s'approprier pour une période plus ou moins longue des espaces, des vues ou des paysages a priori destinés au plus grand nombre. Cette possibilité de s'approprier un espace va trouver une résonance chez beaucoup qui vont y voir la possibilité d'accéder à une certaine forme de « luxe ».

 

Mais peut-on s'approprier réellement tous les espaces ? Il est plutôt exact de dire que les camping-cars s'approprient les espaces dégagés, planes, accessibles et surtout avec des vues intéressantes. En effet, il est vital pour un conducteur de savoir qu'il va pouvoir entrer dans un parking sans froisser son aile sur une borne, sortir de ce même parking sans difficulté et surtout qu'il va pouvoir manger ou dormir sans que l'eau sorte du verre ou que durant la nuit la pente entraîne les dormeurs tous du même côté.

D'autant plus que l'évolutivité des modèles conduit à ce qu'ils soient de plus en plus confortables et que, par-là même, les camping-caristes sont de moins en moins habitués à subir les petits désagréments d'un vrai retour à une vie dans la nature.

Et les grands modèles de camping-cars participent au développement du « concept du mouton ». Car le camping-cariste qui en voit un déjà installé se dit que le terrain est acceptable pour lui aussi. S'il y en a deux, un troisième s'installe en confiance et ainsi de suite jusqu'à voir plusieurs dizaines de camping-cars stationnés le long d'une route bordant la mer ou sur un parking dans un petit port bien sympathique.

Les modèles deviennent progressivement de plus en plus impressionnants, répondant en cela à la demande des camping-caristes qui sont aujourd'hui classées en deux grandes catégories. La première est celle des couples de 40 ans environ avec deux enfants qui, ayant déjà accédé au rêve de la maison individuelle, se reportent sur celui du camping-car et la seconde est celle, beaucoup plus importante et lucrative, des retraités. Les modèles que choisissent ces derniers comportent tout le confort moderne avec télévision, four à micro-ondes, climatisation, douche... mais également pour les modèles les plus conséquents, petite remorque à l'arrière ou dans certains cas, grand coffre permettant de loger au choix scooter, voiturette électrique... Leurs dimensions commencent même parfois à ne plus être tout à fait adaptées aux routes françaises mais plutôt aux routes américaines.

Ainsi, avec une dizaine d'années de décalage, la France rattrape le phénomène américain des white birds ou « oiseaux blancs » tant pour leurs cheveux blancs que pour leur migration du nord vers le sud pour la saison hivernale.

Mais à la différence des États-Unis où les white birds se regroupent dans de véritables villes de camping-cars où il est possible de stationner sans difficulté, notamment parce que, différence notoire avec la France, certains espaces du désert américain ne sont pas soumis aux mêmes règles de propriété que l'ensemble du territoire français où chaque parcelle appartient forcément à quelqu'un, les camping-caristes stationnent forcément sur des parcelles pour lesquelles l'accord du propriétaire est nécessaire.

 

Puis les années 2000 sont là et la déferlante arrive. Les chiffres de progression sont impressionnants, puisqu'il se vend depuis cette époque plus de 20.000 modèles par an, ce qui amène aujourd'hui plus de 300.000 véhicules en circulation.

Les quelques camping-cars qui avaient été tolérés le long des côtes ou à proximité des sites touristiques commencent alors à se chiffrer en centaines. Les alignements de camping-cars forment des « barrières » visuelles très importantes dans des sites d'exception où il est préférable que la meilleure vue soit réservée au plus grand nombre, donc aux piétons. La tolérance cesse et les mesures de police et de restriction apparaissent. Les municipalités renforcent les interdictions de stationnement dans certains secteurs très touristiques et posent des barres de hauteur à l'entrée de nombreux parkings.

Néanmoins, l'offre alternative pour le stationnement des camping-cars se limite en ce début des années 2000 aux infrastructures existantes dans les terrains de camping. Il s'agit dans la plupart des cas d'une simple dalle permettant de vidanger les eaux usées et les eaux vannes et de remplir le réservoir d'eau. Mais les tarifs sont les mêmes que pour une nuitée d'une caravane et les camping-caristes considèrent qu'il s'agit-là du « coût de trop ». Ils refusent très fortement d'aller dans les terrains de camping qui ne correspondent absolument pas à l'idée qu'ils se font de la liberté attachée au camping-car. Pour certains néanmoins, la nuitée en terrain de camping permet de disposer d'une sécurité souvent absente en dehors et d'aménités comme des soirées dansantes ou d'autres attractions présentes dans les terrains de camping deux ou trois étoiles.

Dans un même temps, la plasticité du camping conduit à ce qu'émergent des petits modèles de camping-cars qui peuvent passer sous les barres de hauteur et qui déploient la nuit tombée des surhauteurs permettant le couchage sur place. Cette adaptabilité remarquable du camping a poussé les pouvoirs publics mais également quelques entrepreneurs à rechercher des moyens plus performants pour « gérer » le phénomène du camping-car.

Il a fallu trouver la meilleure réponse à ce que les camping-caristes sont en mesure d'accepter. A priori, il s'agit de sites plutôt bien placés, disposant de bornes pour pouvoir recharger entièrement le véhicule et plus ou moins gratuitement selon leur localisation. Le parking situé au pied du Mont-Saint-Michel est ainsi à 8 euros la nuit pour les camping-cars, mais ceux-ci disposent d'un site adapté à leurs besoins et avec une vue imprenable sur le Mont.

La recherche d'une offre acceptable a également mis en lumière une évolution dans l'état d'esprit des camping-caristes. Si les premiers étaient forts urbains et courtois car désireux de découvrir sans gêner, leurs successeurs sont plus dans une idée de consommation et d'immédiateté. Ils ont payé, parfois fort cher, un camping-car et veulent pouvoir en disposer à leur convenance. Dès lors, tous les freins qui peuvent exister, comme les interdictions de stationner au bord du littoral pour le laisser libre d'accès pour tous ou l'obligation de payer pour que les eaux usées soient traitées par une collectivité dans laquelle ils ne paient ni impôt, ni taxe, sont souvent vécus comme des injustices. Cela conduit à des comportements parfois peu civiques et assez éloignés de l'esprit du camping. Il est même parfois possible de s'interroger sur l'appartenance de certains camping-caristes à la grande famille du camping.

 

Héritiers des premiers campeurs épris de mobilité et de liberté, les camping-caristes d'aujourd'hui n'en sont pas moins de réels citadins, à qui il est souvent difficile d'enlever tout confort. Les camping-caristes sont sans doute les campeurs actuels les plus éloignés de l'esprit créateur du camping.

Par France Poulain
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Mercredi 4 janvier 3 04 /01 /Jan 21:24

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Si certains habitats de loisirs ont pour vocation d'être le plus mobile possible et de se trouver en permanence sur les routes, ce n'est pas le cas des caravanes ou des campings-cars de collection. Pour ces derniers, la majeure partie de l'année se déroule dans un garage et seuls quelques week-ends les voient sillonner les routes de France et de Navarre.

 

 

Il existe aujourd'hui plusieurs centaines de collectionneurs de caravanes anciennes, aux alentours de 300, et qui se regroupent souvent dans des associations dont l'objet est de pouvoir organiser des rassemblements et aider les membres à trouver ce qui leur manque en matière d'objets d'époque liés à la caravane ou en matière de pièces détachées.

En fait, ces collectionneurs sont, dans leur grande majorité, également et avant tout collectionneurs de voitures anciennes. Ils ont une passion forte pour ces dernières et ont, au cours de week-ends ou de rassemblements de passionnés de voitures anciennes, constaté qu'il pouvait être intéressant d'avoir son habitat avec soi. En effet, que faire lorsque vous partez plusieurs jours avec votre voiture : aller à l'hôtel au risque de laisser votre voiture à la merci du premier venu ? Dormir en tente pour demeurer près de la voiture mais sans grand confort ? Ou alors, et après avoir remarqué que certains collectionneurs disposent de caravanes, acheter également une caravane.

Mais, il n'est pas envisageable de tracter une caravane « moderne » avec une voiture ancienne. Les collectionneurs commencent alors à étendre leur champ de collection, ce qui est, pour eux, un véritable plaisir. Après la voiture, il faut trouver la caravane qui convient.

Est-il possible de tracter une caravane d'une autre époque que la voiture ? Question difficile car il ne reste que peu de caravanes datant d'avant la seconde-guerre mondiale. Des concessions sont donc possibles et le collectionneur va déployer sur la caravane le même soin qu'il a mis sur sa voiture, c'est-à-dire en recherchant à la rendre à son état originel : soit en conservant les matériaux d'époque encore présents et en les nettoyant, soit en recherchant les fac-similés de ces matériaux pour retrouver l'esprit de l'époque.

 

 

Ces collectionneurs de caravanes ne sont, pour la plupart, pas intéressés par le camping en lui-même mais bien par l'objet « caravane ». Ainsi, ils vont passer une partie de leur année à rechercher des magazines ou des publicités datant de l'époque de création ou de mise en circulation de leur caravane afin de pouvoir avoir le plus d'informations possibles sur, par exemple, les modèles de parasol, de chaises pliantes, de thermos... bref de tous les objets de l'époque considérée. Ils sont, par contre, moins intéressés par les autres modes du camping comme la tente par exemple ou par le camping en tant que pratique sociale.

Durant l'année, l'heureux propriétaire va s'attarder à collectionner tout ce dont il a besoin en fouinant dans les brocantes par exemple. Mais le camping n'est pas encore très connu comme objet de collection et à ce titre, les « bradeux » ou les « brocanteurs » ne voient pas l'intérêt d'apporter les objets liés au camping sur les déballages ou même de les acquérir lorsqu'ils en trouvent. Ce n'est pas le cas sur internet où il est plus facile de trouver des objets de camping. Les luttes sont donc incessantes entre collectionneurs pour trouver l'objet rare, voire l'objet unique qui parera la caravane de collection d'une aura que les autres n'auront pas. Cela peut conduire les passionnés à dépenser quelques centaines, voire plutôt plusieurs milliers d'euros par an, pour satisfaire leur besoin d'exceptionnel.

Il est alors nécessaire de montrer la caravane ancienne, tout comme cela avait été le cas pour la voiture, aux personnes qui peuvent comprendre mais surtout apprécier le travail réalisé. Cela nécessite que la caravane reprenne du service, ce qui permettra également de prouver que les réparations ont été correctement faites puisqu'elle roule effectivement. Les associations proposent alors des rassemblements, souvent dans des terrains de camping, où les passionnés peuvent se regrouper et comparer leurs modèles. L'objectif est que la caravane soit vue et appréciée et souvent, de susciter une petite envie ou un peu de jalousie chez ses amis collectionneurs.

Et une fois ces rassemblements terminés, la caravane s'en repart vers son garage afin d'être briquée, améliorée, réparée..

Cette micro-société est aujourd'hui en partie regroupée sous l'égide du Retro-Camping Club de France qui accepte les membres dont les caravanes (ou tentes ou camping-cars) ont été mises sur le marché avant 1973. Il existe également des associations plus locales qui organisent des petits séjours.

 

Par France Poulain
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