Pour commencer

 









Architecte et Urbaniste de
l'Etat
Docteur en aménagement,
en urbanisme et en études
urbaines
Chercheure

Mes publications

Ouvrages

· Ma cabane en Normandie, CRéCET, 2002  avec Fabienne Cosset (disponible sur la fnac)

· Le guide du camping-caravaning sur parcelles privées, Cheminements, 2005 (disponible sur le site de cheminements) 

· L'Esprit du camping, Cheminements, 2005  avec Elisabeth Poulain

 

Ouvrages collectifs

· « Camper au XXIe siècle, ou le paradoxe du mouvement arrêté » in Boudreault, P-W, Jeffrey, D.,  Identités en errance. Multi-identité, territoire impermanent et être social Coll. Sociologie au coin de la rue, Presses de l'Université Laval, 222 p., 2007.

· « Le camping-caravaning sur parcelles privées, étude des effets réels d’une réduction des droits d’usage attachés au droit de propriété ». Participation à la IVème Conférence Internationale « Droit de propriété, Economie et Environnement, thème 2002 : le littoral », organisée par le Centre d’Analyse Economique, le Groupe d’Etudes Droits de propriété et Environnement et l’International Center for Research on Environmental Issues, Université d’Aix-Marseille. 2002, juin

 

Télés & radios

· France Inter, Emission « Cha Cha Tchatche », 9 août 2007, Interview par Olivia GESBERT et Maja NESK

· TF1 : 13 heures, vendredi 10 mars 2007. 

· RFI, Emission Grand Reportage "Le camping pour la vie", 31 novembre 2006. 

· France 3, Emission "Le 19/20, Revue d'actu" intitulée "Etes-vous camping?", Ile de France-Centre, Interview par G.FAURE. 30.06.2006 

· France 5 : Phénomania : Camping : les recettes d'un succès , Interview par S.EDELSON, 31.12.2006 

· France Inter, Emission "C'est déjà le Matin" intitulée "L'habitat nomade", Interview par N.STOUFFLET, 15.03.2006 

· Radio France, Emission "Planète Mer" intitulée "Les Bidons-Plages", par N.FONTREL, 29.05.2005    

 

Publications 

· Maîtriser le camping sur parcelles privées, Le Moniteur, p.386, 11.11.2005 

· Un enjeu touristique oublié - La desserte et la mobilité en banlieue, Cahier Espaces, Tourisme et Loisirs, n°226, mai 2005, pp.52-55 

· La caravane invisible - L'irrésistible évolution des paysages littoraux par le camping-caravaning sur parcelles privées, Lettre de liaison de l'Observatoire du Littoral, IFEN, printemps 2005, 5p.

· Plein air et Camping - Deux notions qui ont évolué au fil du XXè siècle, Cahier Espaces "L'hébergement de plein air", février 2005, pp.29-34 

· Habitat de plein air, habitat mutable - De l'appropriation des habitats de plein air hors des campings, Cahier Espaces "L'hébergement de plein air", février 2005, pp.94-99 

· Tous campeurs, Cahier Espaces "L'hébergement de plein air", février 2005, pp.94-99 
· 
Ces campeurs qui ne décampent pas, Territoires, n°447, cahier  1, avril 2004, p.6. 

· La tolérance de l’habitat illégal sur le littoral, Etudes Foncières, n°108, mars-avril 2004, pp.13-16. avec marie benzaglou 

· Dessine-moi le camping, Le Caravanier, camping-caravaning, mars-avril 2004, n°264, pp.88-89 

· Quand le tourisme urbain gagne la métropole, Adapter les transports urbains aux nouvelles consommations, Cahiers ESPACES, n°78 « tourisme urbain », pp.110-115, juillet 2003. 

· Les inondations des espaces de loisirs dans la Somme, Etudes Foncières n°96, mars-avril 2002, pp.12-14 avec anne douvin 

· La valorisation symbolique du camping-caravaning sur parcelles privées in La valorisation des territoires, Labyrinthe, hiver 2001, pp. 38-48 

· Le camping, alternative à la résidence secondaire – propriétaire de son habitat, locataire de son terrain, Cahier ESPACES, n°69 « l’hébergement locatif », juin 2001, pp.106-112 

· Le coût de la résorption du camping illégal sur parcelles privées, Etudes Foncières n°88, automne 2000, pp. 41-45. 

· Immobile home, Urbanisme, n° 315, nov-déc 2000 pp.40-42    

 

 

Conférences 

· "Entre loisir et précarité, les deux visages du camping-caravaning sur parcelles privées", in colloque international "Anthropologie des abris de loisirs", université de Nanterre, nov. 2006 

· "Les 10 idées reçues de la précarité dans les terrains de camping", in Journée Nationale de Lutte contre l'habitat Indigne, Le Mans, nov. 2006 

· « Camper au 21ème siècle ou le paradoxe du mouvement arrêté » in atelier CR1 « Identités et territoires », AISLF, Association Internationale des Sociologues de Langue Française, atelier de F.Moncomble. (7 juillet 2004) 

· « Les territoires périurbains de loisirs, L’émergence de poches monofonctionnelles de loisirs à proximité des métropoles » Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement de la Sarthe, Le Mans, 2003, nov. 

· « Identification et territorialisation : le cas du camping-caravaning sur parcelles privées », UMR AUS 7136, Paris, 2003, nov. 

· "L’habitat léger de loisirs, entre préfabrication et cabanisation », Société Française d’Ethnologie, Paris, 2002, déc. 

·     « Le rôle de médiation de la DDE 50 dans la lutte contre le camping sauvage » table-ronde in « Le développement durable dans les pratiques professionnelles quotidiennes des agents de la DDE 49 », Angers, 2001, nov.                

· « La ville et la méditerranée » sous la direction de C.Vallat. Paris 2000, déc.  

 

 

Citations dans des articles 

· LOZANO, M.,  « Un loisir limité par la protection de l'environnement », Ouest-France, 4 août 2007 

· ROHOU, A., "Camping forcé pour 15000 franciliens", Le Monde pour MatinPLUS, n°11, mardi 20 février 2007, p.4 

· MERLO, A-M; "Accampento Parigi", Il Manifesto, 19.07.2006 

· DUCA, L., "Camping alternatif : de la tente à l'habitat léger de loisirs", Architecture à vivre, juillet 2006 

· PICARD, D., "La vie non rêvée dans les campings", Et les autres?, Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés, n°52, juillet 2006 

· CURTET-POULNER, I., "Les nouveaux bidonvilles", ParisObs, in Le Nouvel Obs, juin 2006. 

· BALLU, Th., "Quand la caravane a détrôné la tente", Ouest-France, 23 mai 2006. 

· LEBAS, M., "La cabane, un rêve de voyage immobile", Le Figaro, 22 mai 2006 

· GABRIELLI, A., "Le camping est un miroir passionnant de l'évolution de la société", p°9, Interview pour VDL Magazine, n°69, mars 2006. 

· De PREVOISIN, A., "Les campings travaillent trop sur leurs acquis", Interview pour Décisions, février 2006. 

· De THARLE, J-G., "L'esprit du camping : Tout un roman", Interview pour l'Officiel des Terrains, n°252, pp.42-46, février 2006 

· GILET, B., "L'esprit du camping de France et Elisabeth Poulain", La Nouvelle République, 22.12.2005 

· POTET, F., "Les caravanes de la misères", Le Monde, 22.12.2005 

· "Tout savoir sur le camping-caravning sur parcelles privées", Décisions, décembre 2005, p.28 

· TAYLOR, N., "Un guide du camping au champ", Le Parisien, 27.07.2005 

· LEWINO, F., "Avec mobil apparent", Le Point, n°1710, 23.06.2005 

· "Une nouvelle réglementation pour le caravaning", La Presse de la Manche, 28.03.2004

· "Caravaning : les nouvelles règles du jeu expliquées aux propriétaires", Ouest-France, 25.03.2004 

· JEANJEAN, B., "Habitats de loisirs : les idées fusent - Succès du concours d’architecture lancé en Sarthe", Ouest-France, 1.12.2003 

· MORTIER, B., L’habitat léger de loisirs déclenche une foule de concepts et d’idées, Le Maine-Libre, 29.11.2003. 

· GIL, M., Tourisme d’affaires, le tout balnéaire, Voyages d’Affaires, n°79, juin 2003, pp.80-85 (p.80) 

· De THARLE, J-G., France Poulain, Le Caravanier Camping-Caravaning, n°256, 07.03.2003

· SERVEAU, E., Tout sur le camping, La vie du Collectionneur, n°425, Interview, 30.08.2003

· GOURIN, D., D’abord l’auvent, puis le muret, Ouest-France, Interview, 22.08.2002 

· Caravanes sauvages sur le littoral, une réglementation en projet, Ouest-France, article paru suite à la réunion publique organisée dans le cadre de l’opération de résorption de la commune de Surtainville, Manche, 30.07.2001 

· Parution d’articles dans l’ARCA international et dans Echos Archi Nantes, déc. 1996 

Lundi 11 juin 2007
Continuons donc cet intéressant débat entamé avec une étudiante pour qui le camping présente un véritable mystère. bon alors j'ai fait de mon mieux car réellement, parfois, je ne comprends pas véritablement toutes les questions. cela vient sans doute du fait que lorsque l'on connaît (très) bien un sujet, il est parfois difficile de comprendre certaines questions, notamment lorsque l'on se rend compte que l'on ne navigue pas dans le même plan conceptuel que le poseur de questions. C'est d'autant plus vrai pour le camping que tout le monde part d'un consensus sur ce qu'est le camping sans s'interroger plus avant. Je m'en étais notamment rendue compte au début de ma thèse puisque personne ne me demandait ce qu'était le camping. Et il m'a fallu collectionner de très nombreux ouvrages (et autres) pour retracer une histoire à peu près fidèle du camping en France et en Europe. Alors, certaines questions sont parfois complexes, sans doute parce que la base n'est pas collective... ou du moins partagée

Bonjour, [en lisant votre réponse] je me suis rendue compte que j'avais mal formulé les propos de Pierre Lajus : dans l'article de Techniques et Architectures il explique que pour le plan d'aménagement de la station de Lacanau, on a transposé dans un aménagement touristique, qui devait être très fin, un peu des méthodes des ZUP et des grands ensembles. En fait, ce qu'il dénonce c'est la façon d'aborder l'aménagement pour cette station et quelques autres. C'est une erreur de ma part (...) mais je n'avais pas relu les questions depuis que je vous les ai envoyées. A ce stade de ma recherche, j'aurais demandé : Pourquoi le terme Habitat léger de loisirs n'est apparu qu'en 1980, alors qu'il y avait eu de nombreux projets d'habitats de vacances en construction légère avant ? Parce qu'auparavant, ce type d'habitat n'existait pas. Il a donc fallu trouver un nouveau terme pour un nouveau mode d'habitat. Alors pour savoir pourquoi cette typologie, il faudrait relire toutes les discussions de l'époque pour déterminer qui en premier a lancé l'idée. Ce que je sais néanmoins c'est qu'il ne fallait pas faire de liens avec les autres habitats > il fallait que cela ait l'air français, tout en n'étant pas assimilable à la construction classique d'où le terme d'habitat léger de loisirs. C'est donc un habitat pour les vacances, léger car démontable et transportable et de loisirs car réservé aux lieux de vacances.

Par exemple , la cellule camping par Marcel Lods en 1939, les projets d'habitats de vacances de Pierre Vago et M. Bonpaix pour l'exposition maisons rationnelles en 1965, à Beg Neil un village de gîtes a été associé à un programme de camping (projet de H.Mouette et P. Szekely, ces quelques exemples montrent déjà l'existence d'un besoin de sédentarisation proche du camping). Pour revenir à votre réponse sur Pierre Lajus : Je pense qu'il me faudrait la reformuler comme cela : Selon Pierre Lajus , il y a des choses qui ne sont pas prises en compte : les gens qui laissent leur caravane sur les terrains, font des petits aménagements, des jardins... le principe d'une location précaire pour quelques années sous la forme d'une concession aurait permis des choses tout à fait différentes, qu'en pensez-vous ? Merci encore. En fait, sur le terrain j'ai pu apercevoir de nombreuses formes d'occupation du sol, du propriétaire au locataire permanent puis au locataire de courte durée. Et s'il est vrai que les habitats sont de plus en plus sédentarisés selon le niveau d'appropriation réelle et juridique du terrain, les campeurs arrivent quand même à occuper leur emplacement avec tout leur coeur et toutes leurs pensées. Notamment lorsqu'ils viennent depuis plusieurs années sur la même parcelle ou lorsqu'ils disposent d'une location à l'année.

Par France Poulain - Publié dans : Camping
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Lundi 28 mai 2007

Encore un entretien que j'ai donné à une étudiante. L'association ZUP et camping me semble, toujours aujourd'hui, très bizarre car je ne pensais que l'on pouvait la faire. Mais néanmoins, les questions m'ont été posées et j'y ai répondu. Voici l'intégralité de ce que j'ai pu répondre par écrit mais qui ne reprend pas les deux heures d'entretien. A force, je dois vous avouer que je m'interroge sur ce que cherchent les étudiants durant leurs études. Moi, j'ai commencé le camping (bon certes très tôt avec mes parents, puis durant mon adolescente en faisant du kayak toute l'année et du camping-car pour parcourir l'Europe au début de mes études d'archi) en allant à la rencontre des campeurs. C'était mon premier boulot pour la DDE de la Manche. Il fallait aller passer des heures et des heures auprès des campeurs. J'y ai beaucoup appris sur le camping bien sûr, mais surtout sur la société et plus concrètement sur les individus qui la composent. Alors, je suis toujours effarée lorsque je rencontre des étudiants qui travaillent sur un thème accessible (nous ne parlons pas ici de la très grande pauvreté ou de la guerre à l'autre bout du monde) sans aller le voir. Ils (ou elles) en restent à de l'effleurement. La pire expérience de ces dernières années a sans doute été cet étudiant d'archi qui a globalement fait un piratage éhonté de mes ouvrages. Lorsque j'ai fait part de mon plus que grand mécontentement, sa réponse a été « mais, je vous ai parlé, donc vous êtes d'accord... ». Ouf. Mon dieu. Je sais que tout ce que j'ai pu mettre sur ce blog va être globalement être repris par tous mes (très nombreux) lecteurs, et c'est tant mieux, mais un conseil pour les étudiant(e)s : Travaillez ! Et travaillez encore ! Lisez, apprenez, allez sur le terrain, frottez-vous au monde, grandissez quoi !

Vous avez réalisé deux ouvrages sur le camping « le guide du camping caravaning sur parcelles privées » (issu d'une thèse soutenue en 2003 « L'urbanisation du littoral par le camping-caravaning illégal sur parcelles privées ») et « l'Esprit Camping » parus en 2005 aux éditions Cheminements et contribué à l'ouvrage « Ma cabane en Normandie » avec Fabienne Cosset aux éditions du CRéCET. Vous avez également publié de multiples articles sur le thème du camping et ce, sous ses multiples formes qu'il s'agisse de précarité ou de loisir.

Pourquoi y a-t-il si peu d'habitations légères de loisirs dans les campings?

Une réponse simple à cette interrogation. C'est un produit qui n'a jamais connu le succès car les campeurs ont toujours préféré les caravanes, puis les mobil-homes et les camping-cars. Le modèle de type chalet est sans doute moins connu.

Quel est selon vous l'impact de la IIème Guerre Mondiale sur l'évolution des terrains de camping ?

La question est complexe et les éléments sur lesquels on peut se baser sont principalement les revues qui ont continué à être publiées pendant la guerre et quelques articles publiés à la fin des années 1940. Remarquons que, comme de nombreuses autres institutions, la Fédération Française de Camping-Caravaning a été créé à cette période sous l'égide du Ministère de la Jeunesse et des Sports qui tentaient d'organiser toutes les activités qui se pratiquaient. Et il est vrai que les couvertures des revues de cette période sont généralement très enthousiastes, avec des jeunes qui partaient gaiement sur les routes. Mais c'est le visage officiel de cette période. J.Loiseau, qui avait combattu sous les deux guerres mondiales du 20ème siècle, indiquait au sortir de la guerre que nombre de ses camarades avaient été tués durant la guerre, mais surtout que beaucoup de campeurs avaient pu sortir de Paris pour rejoindre le maquis en partant avec juste leur bardas pour le week-end. Mais revenons à la question, de manière logique indiquons que l'aspect commercial a été mis de côté durant cette période.

Dans « Techniques et Architecture » n° 333, Pierre Lajus dénonce un développement de masse des campings pendant les années 1960, un peu à la manière des « Zup », qu'en pensez-vous?

Deux réactions par rapport à cette question. Tout d'abord, employer le terme de « ZUP» en lien avec le camping est impropre. En effet, si le camping se rapporte à une idéologie dont les fondements principaux sont l'hygiène et l'ordre. Et qu'a priori, il serait possible de penser que les ZUP ont été constitués avec les mêmes soucis d'ordre et d'hygiène, ce serait un raccourci extrêmement rapide. La principale différence est qu'il n'y a jamais eu d'organisation étatique pour le camping, excepté pour la création de la FFCC. Ensuite, c'est au terme de « dénonciation » qu'il est important de revenir. Pourquoi Pierre Lajus a-t-il le besoin de dénoncer la progression du camping? Quel préjudice voit-il émerger pour la société? En quoi le fait qu'une grande partie des Français ait trouvé un moyen pour passer des vacances agréablement porte-t-il atteinte... d'ailleurs à quoi? aux valeurs de la société? au cadre de vie?... Et si dès les années 1960, les architectes et urbanistes avaient diagnostiqué que les ZUP portaient un certain nombre de difficultés qui se sont révélées vraies, ce n'est pas le cas du camping. Mais, effectivement, pour ceux et celles qui se piquent d'esthétique architecturale, le camping apparaît souvent comme une verrue dans le paysage.

Y a-t-il eu un « plan camping » initié par l'Etat, afin de répondre aux besoins importants de l'époque en terme de quantité, et de qualité, et quelles mesures l'Etat a-t-il pris pour faire face à ce problème ?

Pas de plan camping organisé par l'Etat. Notons que ce sont principalement les premiers campeurs qui ont organisé la pratique. En effet, dès les années 1920, les premiers présidents ou chefs d'association ont participé à la prise de conscience qu'il était nécessaire d'organiser le camping afin de le préserver et de ne pas bloquer son développement. Avant la guerre, puis après, ce sont toujours les dirigeants qui participèrent à l'ensemble des réunions visant à développer la réglementation concernant le camping. De manière générale, ce sont les campeurs qui ont toujours organisé leur pratique et ce, sans que les services administratifs soient trop amenés à intervenir. La seule intervention remarquable est celle liée à la résorption du camping sauvage sur les bords de plage, notamment parce que les populations de camping dépassèrent les centaines de milliers sur les rivages du sud de la France et ce, sans que l'hygiène et la salubrité soient particulièrement efficaces. Nous pourrions même dire qu'elles étaient globalement inexistantes. Ainsi, la puissance publique interviendrait dès lors que son fonctionnement serait mis en péril. Il est ainsi possible de considérer que l'intervention publique soit justifiée dès lors que la surpopulation nuise à la santé des campeurs. Mais sans ces risques, nulle intervention. Le camping est une activité qui se porte magnifiquement bien depuis plus de 100 ans sans que la puissance publique intervienne. Remarquons toutefois que le nombre de terrains de camping municipaux diminue de plus en plus, car les municipalités se sentent, sans doute, moins concernés par l'accès aux vacances pour de multiples citadins qu'elles ne l'ont été lors de la découverte des vacances par les couches populaires au milieu du 20ème siècle.

Par France Poulain - Publié dans : Société
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Samedi 26 mai 2007

Il y a de cela quelque temps, des étudiants de l'université de La Rochelle m'ont sollicité pour répondre à une série de questions sur l'hôtellerie de plein air de luxe. Je n'ai pas eu le temps de leur répondre avant aujourd'hui, mais je profite de l'exigence d'écriture imposée par le blog pour y répondre (enfin!!!).

Qu’est ce qu’est aujourd’hui selon vous le tourisme de Luxe ? Je considère que le tourisme de luxe n'est pas uniquement lié au coût primaire des moments de vacances, mais bien plus, au fait qu'il permet aux vacanciers de disposer d'avantages, de moments, de plaisirs,... dont ils ne peuvent que rêver le reste de l'année. L'idée de base est que l'on peut se payer des vacances de luxe et ce, même si l'on n'est pas millionnaire. Ce n'est donc pas la réalité qui compte mais l'idée que l'on s'en fait. Une seconde idée est celle de la rareté. Le luxe est de pouvoir disposer ce dont les autres ne font que rêver (là encore ce n'est pas qu'une question de coût). Ainsi, les cabanes dans les bois, les yourtes.... sont très recherchées et correspondent à une certaine idée du luxe, car seuls des privilégiés peuvent en disposer.

Quelles évolutions a-t-on pu noter ces dernières années dans ce secteur ? Deux catégories d'évolution, les indispensables (ou supposés comme tels) comme les piscines ou plutôt les complexes nautiques et les animations et les moins visibles sur les cartes postales comme les vigiles, les contrôles à l'entrée des terrains ou les caméras de surveillance. En fait, cela reprend en partie le concept de luxe, dans une société dite insécure, nous cherchons à disposer de moments de sécurité complète pendant les périodes de vacances.

Quel type d’hébergement est aujourd’hui prisé dans le tourisme de luxe ? Cela dépend. Notre société où la mobilité est de plus en plus présente permet et occure de grands bouleversements dans les comportements. Certains choisiront les petites structures avec quelques caravanes anciennes ou avec quatre ou cinq yourtes et d'autres rechercheront au contraire, les très grands terrains de camping où les services et les plaisirs sont démultipliés.

Dans quelle mesure peut-on rapprocher cette offre de l’HPA classique type camping ? Avec plusieurs millions de personnes qui souhaitent « retourner à la nature et fuir la ville », la segmentation marketing joue à plein. Nulle possibilité d'avoir les segments extrêmes (cf. courbe de Gauss) sans avoir les segments moyens. Que 2% des « campeurs » recherchent l'extrême luxe : tente dans le désert,... et que 18% cherchent des moyens plus luxueux que les simples terrains de camping 3* me semble tout à fait normal.  

Pouvez vous identifier les caractéristiques de cette clientèle ? Certainement de vouloir se différencier, alors après, pourquoi souhaite-t-on se différencier les uns des autres ? C'est une autre question.

Quel type d’hôtellerie cette clientèle consommait-elle avant ? Pour les 2%, là où sont les 18% aujourd'hui (c'est-à-dire qu'au moment où un luxe devient plus acceptable tant en terme de prix que de disponibilités, il ne devient plus in). Recherchez donc les articles d'il y a cinq ou dix ans sur les idées folles pour les week-ends. Ce que lisez dans les magazines sans le faire.

Pour quelles raisons cette clientèle se dirige aujourd’hui vers l’HPA de Luxe ? Parce que cela fait bien de revenir à la nature, comme cela l'a été au début du siècle dernier pour les intellectuels urbains qui souhaitaient se Retrouver.

Est-ce selon vous un phénomène de mode ou cette tendance va s’inscrire sur le long terme ? Si l'on a suivi mon raisonnement, toute mode passe. Ou comment une culture/mode savante devient populaire.

Peut-on craindre une concurrence pour l’hôtellerie de Luxe ? Pourquoi craindrait-on ? Quel serait le préjudice ? Nous vivons dans une économie de marché, à vous d'en déduire le reste...

Pourra-t-on toujours parler de luxe si l’offre se massifie ? Non, car ce ne serait plus du luxe...

Par France Poulain - Publié dans : Société
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Vendredi 18 mai 2007

Voici le second extrait des archives médiatiques de la manche... à déguster

La Manche Libre – Editions Sud – Dimanche 13 août 1950

Heureux ceux qui peuvent se promener pendant que les autres travaillent

Unir les nations ? Bravo ! mais ne convient-il pas de supprimer, tout d’abord, toutes les causes de désaccord, de désunion qui existent entre nous ?

C’est d’autant plus un devoir que, trop souvent, les désaccords reposent sur des malentendus, des partis pris ou les idées préconçues qui ne résistent pas à un examen loyal et approfondi. « La Manche Libre » qui touche des catégories variées de lecteurs veut tenter, en une série d’articles, de dissiper certaines de ces oppositions qui, bien que ne portant pas sur des points essentiels, contribuent à propager une ambiance de division entre gens dont l’intérêt commun demande l’union. Aujourd’hui, nous plaiderons pour une catégorie des « gens de la ville ». La prochaine fois, nous défendrons la « campagne ». 

Congés payés. La scène se passe dans une ferme voisine de Coutances. Il est 5 heures du soir. Dans un herbage près de la route, un cultivateur, aidé de sa femme et d’un journalier, tourne et retourne du foin coupé dont la dernière ondée a retardé le bottelage. Arrivée d’un parisien. Habitué à passer ses vacances dans ce coin de Normandie où il a sa famille, il  connaît un peu tout le monde et comme chaque année, à son arrivée, il fait le tour des « amis et connaissances ». Il a « tombé la veste », il est détendu et très largement souriant. C’est sans doute ce sourire qui donne à l’accueil du cultivateur un léger ton d’amertume. « Ah ! on les voit les heureux, ceux qui ont le temps de se promener pendant que les autres travaillent ! etc… » Et le parisien ne s’y est pas trompé. Sous le ton de la plaisanterie, le faneur, quelque peu harassé par son travail, pensait ce qu’il disait et traduisait ce que beaucoup d’autres faneurs pensent avec lui. La scène me revenait à la mémoire hier – à Paris – alors que, circulant de bureaux en bureaux, je côtoyais d’innombrables employés et employées en manches de chemises ou en robes légères, qui dans une atmosphère lourde et enfumée, grattaient du papier et tapaient sur des machines avec un morne ennui qu’ils n’arrivaient pas à dissimuler. Leurs conversations, d’ailleurs, traduisaient leurs préoccupations car l’on entendait parler que de départ, de mer, de montagnes, de camping, de soleil et d’air frais. Combien j’aurai voulu pouvoir promener avec moi dans cette « prison sans barreaux » notre cultivateur normand et lui dire à peu près ceci : « Voyez cet employé dans ce petit bureau de deux mètres sur deux. Il passe près de trois centres jours par an dans cette cage, assis sur cette même chaise, et cela depuis des années. « Voyez ces allées et venues continuelles, ces gens pressés, affairés, ces papiers q’on apporte, ces dossiers qu’on remporte, ce téléphone qui sonne à chaque instant, cette odeur de fumée, de vœux papiers, d’encre et de transpiration. « Ce bruit continu que vous entendez, c’est celui des autos, camions, autobus qui, sans arrêts, passent dans la rue. Et venez voir par cette fenêtre le nuage de poussière et de fumée, d’autos qui s'élève comme un fin brouillard jusqu’au deuxième étage. « Vous savez qu’il fait beau dehors, mais le soleil ne pénètre pas jusqu’ici et c’est pourquoi les lampes sont allumées. « Vous qui êtes habitué à la lumière du jour et au soleil, vous qui respirez de l’air pur, vous qui aller et venez sans contrainte, vous dont le travail est vivant, créateur, utile, donc intelligent, accepteriez-vous de vivre la vie de cet employé ? Et ne trouvez-vous pas qu’après un an de ce régime, il a bien mérité les quinze jours de détente et de paresse que vous lui enviez (et qui, du point de vue de sa santé, sont encore bien insuffisants.) ? « Croyez-moi, je n’ignore rien de vos difficultés, de vos soucis. Votre travail est souvent pénible, méconnu, contrarié par les intempéries et les pertes, mais c’est un travail d’homme, ce sont des difficultés et des soucis d’homme, de ceux qui donnent à la vie tout son prix et toute sa valeur au produit du travail. « Croyez-moi aussi lorsque je vous dis que vous n’avez rien à envier à « l’homme de bureau de la ville » car, en bannissant de sa vie tout effort physique, on lui a rendu un bien mauvais service, d’autant plus qu’on lui a créé beaucoup d’autres soucis, beaucoup d’autres misères qui ont sur les vôtres le grave désavantage d’être des soucis et des misères, non d’homme, mais de machines ou d’esclaves. « Mieux vaut goujat debout qu’empereur enterré » disait Lafontaine. Cet empereur enterré ressemble beaucoup à notre bureaucrate.   

Jean Le Meur

Par France Poulain - Publié dans : Camping
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Vendredi 18 mai 2007

Par une jolie journée d'été, je suis restée plusieurs heures à compulser les journaux locaux des archives de la Manche et oh, miracle, j'ai trouvé deux morceaux sur le camping. Intéressants, pas mal du tout, car ils montrent que dès 1950, le camping posait un certain nombre de questions aux autorités locales qui étaient même relayées au niveau des médias. Car il faut bien le dire, si une partie intéressante du métier de chercheur est d'être à l'écoute des autres mais aussi de lui-même, il y a des moments plus, comment dire, non... pas ingrats... disons plus intimes. Rester des hueres à compulser des vieux ouvrages ou des vieux papiers. Etre obligée de se mettre des gants car le vieux papier -mais aussi l'encre- sont très corrosifs. La peau vous pique et vous avez les mains sales toute la journée. Les stratégies d'évitement sont donc inévitables et vous arrivez très facilement à les trouver. Car il faut survivre. Ce n'est certes pas ce que l'on montre aux jeunes chercheurs qui se lancent dans la bataille et pourtant c'est certainement ce qui reste le plus présent par la suite... Tous ces petits moments de réflexion sur la vie de tous les jours. Mais, plus un mot, je vous laisse méditer sur les quelques lignes qui suivent.

La Manche Libre – Editions Sud – Dimanche 6 août 1950

Conseils aux campeurs

Les conseils qui vont suivre ont pour but de favoriser en France le développement du camping. L’imprudence ou la négligence d’un seul suffit à dresser contre les autres, la population d’un village, une municipalité ou même des autorités supérieures.

Les campeurs doivent pouvoir justifier de leur identité.

Ils ne sont pas, d’une manière générale, obligés de contracter d’assurance, mais il est vivement conseillé de ne pas camper sans posséder une assurance qui peut s’obtenir notamment près de la Fédération Française de camping.

Autorisation d’utiliser un emplacement de camp : l camp chez les particuliers (champ ou bois) requiert leur autorisation préalable. Feux, protection contre l’incendie : Si les campeurs sont autorisés à faire du feu en forêt, par suite d’une tolérance. Ils devront

-          l’allumer à l’endroit indiqué 

-          débarrasser au préalable le sol sur une large étendue, de toutes les herbes ou feuilles sèches qui pourraient communiquer le feu aux alentours 

-          ne jamais laisse le feu sans surveillance

Pour éteindre le feu, il conviendra de séparer légèrement les braisons, les écraser, les noyer, puis les recouvrir de terre humide ; il ne faudra jamais ni disperser, si enterrer les braises sans s’assurer qu’elles sont éteintes et refroidies ; le feu se propageant souvent dans le sol par les feuilles mortes ou les racines.

En cas de commencement d’incendie, on se munira de branches garnies de leurs feuilles ou de leurs rameaux, d’environ 1m50 de longueur. On battra avec ces branchages les parties du sol gagnées par le feu en entourant le foyer et en le réduisant vers le centre. On supprimera les branches menacées par le feu. Si cela est possible, on utilisera de l’eau pour éteindre. S’il y a du vent, on creusera une petite tranchée en rejetant la terre du côté du foyer. Prévenir aussitôt le garde ainsi que toutes les personnes se trouvant dans le voisinage : bûcherons, voituriers, riverains, etc…

Il est superflu de rappeler qu'incendie, même involontairement communiqué, exposé celui qui en reste responsable non seulement à des dommages-intérêts mais à de graves sanctions pénales. C’est également un délit que d’établir un feu sans autorisation, en contravention des règles qui viennent d'être rappelées.

Nous recommandons aux campeurs de respecter les récoltes et d’une manière générale de veiller à leur bonne réputation.

Commissions départementales du Camping : rôle de l’Inspecteur de la Jeunesse et des Sports : pour assurer le développement du camping et résoudre les principales difficultés qui pourraient se poser, il vient d’être institué une Commission Nationale du Camping et des Commissions Départementales.

Dans chaque département, l’Inspecteur de la Jeunesse et des Sports est particulièrement chargé de ce problème et on s’adressera toujours utilement à lui, en particulier toutes les fois qu’il s’agira d’aménagement de terrains de camp, permanents ou de rassemblements, même pour un temps limité, d’un nombre important de campeurs.

En cas de difficultés, l’Inspecteur de la Jeunesse et des Sports pourra intervenir auprès des autorités compétentes.

Par France Poulain - Publié dans : Camping
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