France Poulain // Architecte et Urbaniste de l'Etat
Ouvrages
· Ma cabane en Normandie, CRéCET, 2002 avec Fabienne Cosset (disponible sur la fnac)
· Le guide du camping-caravaning sur parcelles privées, Cheminements, 2005 (disponible sur le site de cheminements)
· L'Esprit du camping, Cheminements, 2005 avec Elisabeth Poulain
Ouvrages collectifs
· « Camper au XXIe siècle, ou le paradoxe du mouvement arrêté » in Boudreault, P-W, Jeffrey, D., Identités en errance. Multi-identité, territoire impermanent et être social Coll. Sociologie au coin de la rue, Presses de l'Université Laval, 222 p., 2007.
· « Le camping-caravaning sur parcelles privées, étude des effets réels d’une réduction des droits d’usage attachés au droit de propriété ». Participation à la IVème Conférence Internationale « Droit de propriété, Economie et Environnement, thème 2002 : le littoral », organisée par le Centre d’Analyse Economique, le Groupe d’Etudes Droits de propriété et Environnement et l’International Center for Research on Environmental Issues, Université d’Aix-Marseille. 2002, juin
Télés & radios
· France Inter, Emission « Cha Cha Tchatche », 9 août 2007, Interview par Olivia GESBERT et Maja NESK
· TF1 : 13 heures, vendredi 10 mars 2007.
· RFI, Emission Grand Reportage "Le camping pour la vie", 31 novembre 2006.
· France 3, Emission "Le 19/20, Revue d'actu" intitulée "Etes-vous camping?", Ile de France-Centre, Interview par G.FAURE. 30.06.2006
· France 5 : Phénomania : Camping : les recettes d'un succès , Interview par S.EDELSON, 31.12.2006
· France Inter, Emission "C'est déjà le Matin" intitulée "L'habitat nomade", Interview par N.STOUFFLET, 15.03.2006
· Radio France, Emission "Planète Mer" intitulée "Les Bidons-Plages", par N.FONTREL, 29.05.2005
Publications
· Maîtriser le camping sur parcelles privées, Le Moniteur, p.386, 11.11.2005
· Un enjeu touristique oublié - La desserte et la mobilité en banlieue, Cahier Espaces, Tourisme et Loisirs, n°226, mai 2005, pp.52-55
· La caravane invisible - L'irrésistible évolution des paysages littoraux par le camping-caravaning sur parcelles privées, Lettre de liaison de l'Observatoire du Littoral, IFEN, printemps 2005, 5p.
· Plein air et Camping - Deux notions qui ont évolué au fil du XXè siècle, Cahier Espaces "L'hébergement de plein air", février 2005, pp.29-34
· Habitat de plein air, habitat mutable - De l'appropriation des habitats de plein air hors des campings, Cahier Espaces "L'hébergement de plein air", février 2005, pp.94-99
· Tous campeurs, Cahier Espaces "L'hébergement de plein air", février 2005, pp.94-99
· Ces campeurs qui ne décampent pas, Territoires, n°447, cahier 1, avril 2004, p.6.
· La tolérance de l’habitat illégal sur le littoral, Etudes Foncières, n°108, mars-avril 2004, pp.13-16. avec marie benzaglou
· Dessine-moi le camping, Le Caravanier, camping-caravaning, mars-avril 2004, n°264, pp.88-89
· Quand le tourisme urbain gagne la métropole, Adapter les transports urbains aux nouvelles consommations, Cahiers ESPACES, n°78 « tourisme urbain », pp.110-115, juillet 2003.
· Les inondations des espaces de loisirs dans la Somme, Etudes Foncières n°96, mars-avril 2002, pp.12-14 avec anne douvin
· La valorisation symbolique du camping-caravaning sur parcelles privées in La valorisation des territoires, Labyrinthe, hiver 2001, pp. 38-48
· Le camping, alternative à la résidence secondaire – propriétaire de son habitat, locataire de son terrain, Cahier ESPACES, n°69 « l’hébergement locatif », juin 2001, pp.106-112
· Le coût de la résorption du camping illégal sur parcelles privées, Etudes Foncières n°88, automne 2000, pp. 41-45.
· Immobile home, Urbanisme, n° 315, nov-déc 2000 pp.40-42
Conférences
· "Entre loisir et précarité, les deux visages du camping-caravaning sur parcelles privées", in colloque international "Anthropologie des abris de loisirs", université de Nanterre, nov. 2006
· "Les 10 idées reçues de la précarité dans les terrains de camping", in Journée Nationale de Lutte contre l'habitat Indigne, Le Mans, nov. 2006
· « Camper au 21ème siècle ou le paradoxe du mouvement arrêté » in atelier CR1 « Identités et territoires », AISLF, Association Internationale des Sociologues de Langue Française, atelier de F.Moncomble. (7 juillet 2004)
· « Les territoires périurbains de loisirs, L’émergence de poches monofonctionnelles de loisirs à proximité des métropoles » Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement de la Sarthe, Le Mans, 2003, nov.
· « Identification et territorialisation : le cas du camping-caravaning sur parcelles privées », UMR AUS 7136, Paris, 2003, nov.
· "L’habitat léger de loisirs, entre préfabrication et cabanisation », Société Française d’Ethnologie, Paris, 2002, déc.
· « Le rôle de médiation de la DDE 50 dans la lutte contre le camping sauvage » table-ronde in « Le développement durable dans les pratiques professionnelles quotidiennes des agents de la DDE 49 », Angers, 2001, nov.
· « La ville et la méditerranée » sous la direction de C.Vallat. Paris 2000, déc.
Citations dans des articles
· LOZANO, M., « Un loisir limité par la protection de l'environnement », Ouest-France, 4 août 2007
· MERLO, A-M; "Accampento Parigi", Il Manifesto, 19.07.2006
· DUCA, L., "Camping alternatif : de la tente à l'habitat léger de loisirs", Architecture à vivre, juillet 2006
· CURTET-POULNER, I., "Les nouveaux bidonvilles", ParisObs, in Le Nouvel Obs, juin 2006.
· BALLU, Th., "Quand la caravane a détrôné la tente", Ouest-France, 23 mai 2006.
· LEBAS, M., "La cabane, un rêve de voyage immobile", Le Figaro, 22 mai 2006
· De PREVOISIN, A., "Les campings travaillent trop sur leurs acquis", Interview pour Décisions, février 2006.
· De THARLE, J-G., "L'esprit du camping : Tout un roman", Interview pour l'Officiel des Terrains, n°252, pp.42-46, février 2006
· GILET, B., "L'esprit du camping de France et Elisabeth Poulain", La Nouvelle République, 22.12.2005
· POTET, F., "Les caravanes de la misères", Le Monde, 22.12.2005
· "Tout savoir sur le camping-caravning sur parcelles privées", Décisions, décembre 2005, p.28
· TAYLOR, N., "Un guide du camping au champ", Le Parisien, 27.07.2005
· LEWINO, F., "Avec mobil apparent", Le Point, n°1710, 23.06.2005
· "Une nouvelle réglementation pour le caravaning", La Presse de la Manche, 28.03.2004
· "Caravaning : les nouvelles règles du jeu expliquées aux propriétaires", Ouest-France, 25.03.2004
· JEANJEAN, B., "Habitats de loisirs : les idées fusent - Succès du concours d’architecture lancé en Sarthe", Ouest-France, 1.12.2003
· MORTIER, B., L’habitat léger de loisirs déclenche une foule de concepts et d’idées, Le Maine-Libre, 29.11.2003.
· GIL, M., Tourisme d’affaires, le tout balnéaire, Voyages d’Affaires, n°79, juin 2003, pp.80-85 (p.80)
· De THARLE, J-G., France Poulain, Le Caravanier Camping-Caravaning, n°256, 07.03.2003
· SERVEAU, E., Tout sur le camping, La vie du Collectionneur, n°425, Interview, 30.08.2003
· GOURIN, D., D’abord l’auvent, puis le muret, Ouest-France, Interview, 22.08.2002
· Caravanes sauvages sur le littoral, une réglementation en projet, Ouest-France, article paru suite à la réunion publique organisée dans le cadre de l’opération de résorption de la commune de Surtainville, Manche, 30.07.2001
· Parution d’articles dans l’ARCA international et dans Echos Archi Nantes, déc. 1996
Ce texte est issu d'une invention menée pour la journée sur la prospective du littoral par la
direction de la prévention des risques au ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable. Je me suis bien amusée à l'écrire, j'espère que cela sera partagé à la
lecture...
Écrire sur l'érosion littorale, le réchauffement climatique et le camping présente une
faiblesse conceptuelle. Faut-il en effet écrire sur la pérennité de ce mode de loisir ? Penser sa disparition par la concurrence entre les usages du sol ou par le recul du linéaire côtier ?
Imaginer son évolution en observant les mutations internationales en matière d'occupation de l'espace littoral ? Aucune de ces approches ne semble convenir parce qu'il serait alors convenu que
ces réponses qui en découleraient se dérouleraient dans une société en non-mouvement. A-évolutive. Or, il apparaît peu scientifique de vouloir observer un phénomène et son évolution sans
anticiper sur l'évolution du système qui l'englobe. Dès lors, le camping et plus largement le loisir a-t-il encore sa place dans la réflexion ou bien est-ce l'habitat mobile qui revenait sur le
devant de la scène comme au moment des grandes mutations provoquées par les chocs pétroliers des années 1970 ? Poursuivant le travail prospectif amené par le groupe Archigram, il m'a semblé plus
utile de réfléchir sur l'un des futurs possibles, celui d'Erida Wallace. Alors.
Été 2054. soleil brûlant.
Vent aride. Les conditions météorologiques ne s'étaient pas améliorées ces dernières semaines et le travail d'Erida Wallace était d'autant plus compliqué. Les rayons se réverbéraient à l'infini
sur le toit des caravanes étalées sur la côte. Archéologue, oui mais c'était surtout son métier de flic qui la conduisait ici, sur la pointe des églantiers. Car depuis la guerre urbaine de 2022,
les flics ne pouvaient se contenter d'observer le présent, il fallait souvent également composer avec les relents du passé.
Et ici, sur ce qui avait été une ville balnéaire, il ne restait plus que quelques îlots dépassant au dessus des flots. Seuls les mobil-homes
complètement autonomisés pouvaient encore s'y incruster. Le temps n'était plus aux grandes villas et aux étendues immenses de pavillons pour cadres de la fin du vingtième siècle. Les clans
existaient aujourd'hui plus visiblement qu'hier. Nul n'osait plus construire pour durer. Des cabanons subsistaient ici ou là, mais ils n'étaient pas assez mobiles pour satisfaire la crainte des
anciens urbains de devoir se déplacer rapidement. Pour pouvoir fuir les éléments déchaînés et surtout pour pouvoir préserver leur richesse. La notion de patrimoine avait profondément évolué
depuis cinquante ans car, lorsqu'il était individuel, ne fallait-il pas mieux le conserver à la banque que de le mettre dans des objets somme toute fragiles ?
Or, cette ultra-mobilité posait problème à Erida. Car les individus se déplaçaient en permanence et cherchaient pour certains à ne jamais
pouvoir être localisés. Et il était d'autant plus compliqué de les repérer. Elle avait été obligée de s'adapter à ces mouvements permanents pour pouvoir comprendre ceux qu'elle était censée
comprendre mais le plus souvent traquer. Ceux qui pillaient les anciennes villes. Qui voulaient effacer ce qui avait été des villes.
Car après des années de fluctuation, la société commençait à se réorganiser, à vouloir de nouveau une certaine stabilité et les courants
politiques dominants cherchaient à construire une nouvelle société. Une qui puisse conjuguer la passé révolu et les contraintes du présent. De caravanes et mobil-homes perdus sur les routes
étaient nés des centres mobiles de vie. Des carcities. Chacun pouvait venir accrocher son engin aux totems, ces bornes qui comprenaient l'ensemble des réseaux et des énergies nécessaires
à leur gestion quotidienne. Cela ressemblait peu ou prou à ces machines d'un autre âge qui avaient seulement exister dans l'esprit de quelques architectes. Des sortes de grands squelettes d'acier
et de plastique où tous venaient se brancher. Comme une étoile de mer, les nomades refaisaient leur réserve et repartaient.
La dispersion avait été le mot d'ordre pendant de nombreuses années et il avait fallu beaucoup d'énergies pour faire baisser le niveau de peur
ambiant. Que la majorité accepte de recommencer à vivre en groupe et que les solidarités renaissent. En fait, cela avait été un tel choc que beaucoup ne croyaient plus en grand chose. Ils
attendaient mais sans savoir bien quoi. La plupart continuait à se mouvoir sans arrêt en espérant pouvoir échapper aux prochaines catastrophes. Mais l'espoir était toujours là. Et il poussait de
plus en plus de résidents mobiles à se sédentariser, à recommencer le cycle de l'urbanité. Être ensemble, partager, construire. Beaucoup voulaient y croire de
nouveau.
Mais les courants dissidents voulaient à tout prix exclure ce qu'ils appelaient le retour à un âge
d'or utopique. Se basant sur les écrits de certains penseurs du début du vingt et unième siècle, ils affirmaient qu'il était nécessaire de tout quitter, de tout oublier pour pouvoir renaître et
recommencer une vie. Vivable sur le long terme celle-là.
Leur mode de déplacement, ces maisons mobiles sur
roues qui pouvaient à loisir passer sur coussin d'air et passer outre les contraintes du sol. Et ce qui l'amenait aujourd'hui était le message laissé sur un de ces sites où les jeunes se
rencontraient. « Églantine, quand tu verras l'île en feu, sache que ton message sera passé ». Nulle autre information n'était avec ce morceau de dialogue. Mais ce qui avait retenu
l'attention d'Erida était la référence à l'églantine.
Certes ce n'était peut-être pas grand chose pour
découvrir un destructeur mais c'était le seul indice qui la guidait dans cette affaire. Un nom sur le coin d'une table qu'elle avait vu juste avant l'explosion. Ah oui, elle avait failli mourir
dans sa précédente enquête qui l'avait mené à quelques mètres seulement du responsable de ces démolitions, de cet eraser. Églantine. Un prénom, un nom de code ou un lieu. Elle s'était
dit qu'il s'agissait peut-être d'un lieu. Et peut-être cette pointe. Car ne disait-on pas qu'elle était le repaire de ceux qui voulaient être libres.
Son objectif : pouvoir les démasquer et ainsi protéger ceux et celles qui voulaient vivre ensemble. Mais il allait falloir qu'elle commence
par trouver une place pour sa caravane. Cabossée et repeinte maintes et maintes fois, elle se fondait réellement dans le paysage. Mais il allait falloir être prudente car un mot, un geste déplacé
et elle pouvait être mise à l'index. Ce n'était pas si simple que ça que de s'intégrer dans une communauté. Les codes étaient souvent dissimulés.
Les yeux fixés sur l'horizon, elle voyait le paysage se dérouler devant elle. Couleur bleue, jaune, blanche. La ligne légèrement grise qui
s'étalait à perte de vue faisait se confondre la terre et la mer. Et pourtant, il fallait mieux rester sur terre, surtout si l'on voulait rencontrer d'autres personnes. Elle faisait avancer son
engin à vive allure. Être vue mais arriver jusqu'à destination quand même. Jusqu'à cet îlot de caravanes et engins divers qui avaient trouvé place sur un ancien promontoire. Le reflux des vagues
montraient que les restes engloutis de la ville n'étaient pas loin. Toujours là et pourtant aujourd'hui sans vie. Un instant d'arrêt et elle amorça la plongée jusqu'à l'entrée de la congrégation,
symbolisée par un de ces totems mobiles où environ une centaine de familles pouvaient se connecter. Mais il allait falloir jouer la prudence et demander comment il était possible de s'arrimer.
L'échange, on en était revenu à ce stage. Le marchandage. Aviez-vous quelque chose qui pouvait intéresser les autres. Erida espérait qu'elle allait pouvoir s'en sortir avec un bout de tubeha,
cette nouvelle espèce végétale qui pouvait se développer hors sol. Une fois installée, elle pourrait alors commencer à rechercher ceux qui ne voulaient pas revenir en
arrière.
Alors anticipation romancée ou futur probable, ces quelques paragraphes visaient à démontrer que l'usage
des habitats de plein air pour le camping était plus conditionné à la pérennité de la fonction loisir au sein de la société post-industrielle qu'aux questions de modification du substrat sur
lequel s'implantent les habitats. Cette hypothèse nécessitait qu'une rupture d'ampleur dans notre fonctionnement conduise à ce que l'on revienne aux bases de ces habitats mobiles et mutables, le
campement. Dès lors, rappelons juste pour conclure que tout exercice de prospective vise à appréhender des scénarios de futurs possibles afin de les anticiper et de modifier certains noeuds et
connections systématiques. Ainsi, la pérennité du loisir conduirait alors à ce que le camping s'adapte, comme il l'a fait depuis plus d'un siècle.